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CANCER ASCO 2008 : traiter efficacement certains cancers du sein sans chimiothérapie

Breast cancer du sein

Traiter un cancer du sein sans avoir recours à une chimiothérapie classique, utiliser pour cela un médicament destiné à renforcer les os et ne presque pas avoir de rechutes, tel est le résultat d’une étude-événement présentée cette fin de semaine à Chicago.

C’est une équipe autrichienne conduite par le Dr Michael Gnant qui a réussi à changer la vie de quelques centaines d’autrichiennes atteintes d’un cancer du sein.

Ces femmes n’étaient pas ménopausées et avaient un cancer du sein allant d’une tumeur inférieure à deux centimètres pour les moins atteintes à une masse pouvant atteindre cinq centimètres ou un envahissement de moins de dix ganglions pour les plus touchées. Les cellules cancéreuses portaient des récepteurs indiquant leur sensibilité aux hormones femelles.

Pour entrer dans l’étude, elles ne devaient pas avoir de métastases.

Ces femmes ont été opérées puis ont reçu une injection d’une substance appelée agoniste de la LHRH qui provoque une castration chimique.

Elles ont également reçu un médicament capable de bloquer la production d’hormones, les œstrogènes. C’était soit du tamoxifene, soit de l’anastrazole, substance de la famille des anti-aromatases.

Mais ce n’est pas tout, puisque c’est un autre médicament qui a crée l’événement.

Cette molécule c’est le zoledronate, utilisé habituellement par voie injectable pour traiter des atteintes osseuses graves, secondaires à des métastases par exemple. Il appartient à la famille des biphosphonates.

Sur les 1803 femmes incluses dans l’étude, 899 ont reçu ainsi une perfusion de zoledronate tous les six mois. Pour les 904 autres, il n’y a pas eu d’injection.

Après trois ans de traitement et cinq années de suivi, les médecins autrichiens ont constaté que la période de temps entre la mise sous traitement et l’apparition d’une rechute ou d’une métastase était la même selon que les femmes aient reçu de l’anastrazole ou du tamoxifene.

En revanche, l’histoire était toute différente selon que les femmes aient bénéficié ou non de la perfusion bisannuelle de zoledronate.

Dans le groupe ainsi traité on a constaté beaucoup moins d’événements défavorables, très exactement 34,7 %, que dans le groupe n’ayant pas eu le biphosphonate.

Ces événements allaient de la survenue d’un cancer sur l’autre sein à une extension du premier cancer dans les ganglions de l’aisselle ou bien encore une localisation du cancer à distance et, bien sûr le décès.

Pourquoi ces résultats intriguent-ils les spécialistes ? Parce qu’on se trouve face à un produit dont le lieu d’action est théoriquement l’os. Or, dans cette étude, le zoledronate a joué un rôle dans des phénomènes sans lien direct avec les os.

Cette molécule a montré, en fait, une action visant à bloquer le développement des tumeurs. On suppose que cette famille de produits peut freiner la croissance des cellules cancéreuses et les empêcher d’adhérer les unes aux autres. On estime également que les biphosphonates empêchent les vaisseaux sanguins d’envoyer des ramifications vers les tumeurs pour les abreuver.

Les résultats de cette étude autrichienne viennent donc conforter ces hypothèses.

Mais, pour autant, il ne faut pas penser qu’on tient là une panacée. Les biphosphonates ne sont pas des produits simples à manier et certains de leurs effets secondaires peuvent être très graves.

Il faudra donc attendre que d’autres travaux confirment ces premiers résultats néanmoins très encourageants car, après cinq ans de suivi, 94 % des femmes n’ont eu aucune rechute ou aggravation et, surtout, 98,2 % sont toujours en vie.

Tout cela, faut-il le rappeler, sans les désagréments et effets toxiques de la chimiothérapie

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Seins trop denses: du nouveau

Breast cancer du sein

WASHINGTON – Mieux dépister les tumeurs chez les femmes aux seins trop denses pour les mammographies ordinaires: c’est le but recherché par des scientifiques américains qui étudient une nouvelle technique d’imagerie en trois dimensions pour ces sujets davantage susceptibles de développer un cancer mammaire que la moyenne.
Par ailleurs, une imagerie du dernier cri se révèle plus rapide, plus compétitive et moins chère que l’IRM traditionnelle réservée aux femmes à haut risque.

Ces deux techniques sont en cours d’expérimentation. Mais les travaux sont suivis de près, le besoin étant important dans ce domaine: aux États-Unis, on estime que la moitié des femmes de moins de 50 ans et le tiers de celles de plus de 50 ans ont des seins très denses.

Seule une mammographie peut témoigner de la densité du tissu mammaire mais une fois avertie par le médecin, la femme ne sait pas comment être mieux surveillée.

Les besoins en imagerie des femmes aux seins très denses est un problème de plus en plus important, estime Robert Smith, spécialiste du dépistage à la Société américaine du cancer.

La mammographie est un examen qui utilise les rayons X et qui cherche les zones les plus denses, signal potentiel d’une tumeur. En dépistant des tumeurs à un stade précoce et plus guérissable, la mammographie pratiquée à partir de 40 ans contribue à diminuer le nombre de morts par cancer du sein.

Elle est toutefois loin d’être parfaite, et les seins denses représentent son plus grand obstacle. Certains médecins prescrivent déjà, en plus de la mammographie, une échographie, le même examen que pour observer le foetus dans le ventre de sa mère. Quelques études soulignent l’amélioration du dépistage grâce à l’échographie mais l’examen reste controversé. D’autres femmes bénéficient d’une IRM, un examen qui détecte les modifications du débit sanguin: un signal potentiel de cancer.

Mais l’IRM n’est pas réservés aux seins denses, en partie à cause de son prix très élevé: 1 000 dollars de plus que la mammographie. Dans les deux cas, on observe par ailleurs de nombreux «faux positifs», c’est-à-dire des zones jugées suspectes qui s’avèrent normales.

Restent les nouvelles technologies. Les mammographies en deux dimensions donnent des images plates à partir d’une surface qui ne l’est pas. Quand, pour faire une mammographie, les techniciens écrasent littéralement les seins des femmes dans l’appareil, c’est pour étaler le tissu mammaire au maximum, de façon à réduire la surface cachée par le tissu sain.

«La mammographie stéréo» permet aux radiologues de voir ces images en 3-D et éventuellement de repérer une petite tache qui ne sera plus cachée par du tissu sain.

Nous avons une perception profonde parce que chaque oeil a une vue légèrement différente, ce qui permet au cerveau de construire une vue en 3-D quand il rapproche les deux images, explique le Dr Newell, d’Emory. C’est le concept des stéréoscopes, ces gadgets qui aident les gens à voir des images en trois dimensions – en relief.

Les mammographes stéréo, développés par BBN Technologies, à Cambridge, Massachusetts, fonctionnent de la même manière. Les images aux rayons X sont réalisées sous des angles légèrement différents, après quoi les radiologues chaussent des lunettes qui permettent à chaque oeil de voir les images séparément sur des écrans spéciaux. Et le cerveau les interprète comme une simple image en 3-D.

Dans une étude à paraître très prochainement, les radiologues d’Emory ont pratiqué une mammographie et une mammographie stéréo chez 1 500 femmes à risque accru de tumeur. Les résultats ont été analysés par plusieurs radiologues: le nombre de tumeurs détectées par mammographies stéréo était supérieur de 23 %. Quant aux faux positifs, ils étaient diminués de 46 %.

Autre innovation technologique, l’Imagerie moléculaire du sein (IMS) de la Clinique Mayo, un établissement renommé aux États-Unis. Cet appareil fonctionne de façon différente, étudiant plus le fonctionnement du tissu que son aspect.

Les médecins injectent un traceur radioactif, une substance déjà utilisée en cardiologie, qui s’accumule dans les tumeurs et s’illumine quand on branche une petite camera gamma.

L’examen peut être réalisé en même temps que la mammographie, dans la même pièce, alors que l’IRM nécessite une longe préparation. Selon les résultats comparatifs de 48 femmes à haut risque ayant bénéficié d’une IMS expérimentale et, dans le mois suivant, d’une IRM classique, l’IMS a détecté au moins autant de cancers que l’IRM, soit 51 tumeurs chez 30 patientes, alors que l’IRM en a trouvé 53 chez 31 patientes, souligne Carrie Beth Hruska, radiologue à la Clinique Mayo. La piste continue d’être explorée.

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Cancer du sein : Attente et inégalités

Breast cancer du sein

Les soins offerts aux femmes atteintes d’un cancer du sein ne sont pas les mêmes selon l’endroit où elles se trouvent au Canada, montre un rapport du Réseau canadien du cancer du sein.

Le document publié par l’organisme national fait ressortir les inégalités qui existent entre les provinces et territoires en ce qui concerne l’accès, mais également les traitements eux-mêmes.

 

Selon les données, les normes actuelles de soins sont très différentes d’une région à l’autre au pays. Elles montrent, entre autres, qu’il n’y a aucune directive nationale pour les temps d’attente en ce qui a trait à la chirurgie et à la chimiothérapie.

 

Pour ce qui est de la radiothérapie, seulement la moitié des provinces et territoires affichent des temps d’attente qui égalent ou dépassent la norme nationale de quatre semaines.

 

Voici les autres points importants du rapport :

 

 

  • Dans certaines provinces, il n’existe pas de système de déclaration des temps d’attente et pratiquement pas de données sur le sujet. 

     

     

  • Le processus d’homologation des médicaments est long: il faut parfois compter jusqu’à cinq ans entre le dépôt initial d’une demande d’homologation par le fabricant et l’inscription du médicament sur la liste de la province ou du territoire. 

     

     

  • Le Canada accuse un retard par rapport à d’autres pays en ce qui a trait à l’informatisation des dossiers de santé, ce qui pourrait contribuer à la réduction des délais d’attente.

 

 

Environ 22 000 Canadiennes reçoivent un diagnostic de cancer du sein chaque année.

 

L’importance du suivi

 

Le cancer du sein requiert un bon suivi puisqu’il peut prendre de multiples formes et chaque type de tumeur exige un traitement différent. De plus, le stade d’évolution du cancer influe sur le type de traitement choisi et l’urgence à entreprendre ce traitement.

 

Ce rapport a été présenté aux participants de la 5e conférence mondiale sur le cancer du sein, qui se tient à Winnipeg.

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Dépistage du cancer du sein: encore du chemin à faire

Breast cancer du sein

Le programme québécois de dépistage du cancer du sein a 10 ans. Bien qu’il soit de plus en plus populaire, le taux de participation provinciale, à 51 % à la fin de 2006, est encore loin de l’objectif de 70 %.

L’Agence de la santé de la Capitale-Nationale soulignait hier cet anniversaire, puisque c’est à Québec qu’ont été mis en place les premiers centres de dépistage, le 13 mai 1998. Dans la région, plus de 86 000 femmes de 50 à 69 ans s’y sont présentées à ce jour, pour un total de 250 000 mammographies. Le programme en prévoit une aux deux ans.

Près de 1000 cancers avaient été détectés au 31 décembre 2004.

Depuis le démarrage, la participation régionale est quant à elle passée de 47 % à 63 %, ce qui est nettement mieux que la moyenne provinciale. «On est content, parce que ça augmente progressivement», souligne la Dre Marie-Claude Messely, médecin du programme de dépistage pour la région.

Les clientèles difficiles à rejoindre sont celles des milieux défavorisés, les immigrantes, les femmes handicapées. Des efforts particuliers doivent être faits pour y arriver. Le groupe d’âge des 65 à 69 ans est aussi moins fidèle, «comme si les femmes se sentaient moins concernées en vieillissant», note la médecin.

Les femmes ayant vécu une mammographie douloureuse sont aussi plus réticentes à revenir. La clé pour les fidéliser est de faire en sorte que cette expérience soit positive, dit-elle.

Stade précoce

L’intérêt du programme de dépistage est qu’il permet de découvrir des cancers à un stade précoce. Pour l’instant, on ne sait pas si cette mesure a permis d’abaisser le taux de mortalité. Il faudra attendre le bilan des 10 premières années du programme que prépare l’Institut national de santé public pour le savoir, note la Dre Messely.

Selon les données provinciales partielles obtenues hier, le programme avait permis d’atteindre un taux de détection de cinq cancers pour 1000 examens initiaux, et 3,5 pour 1000 examens subséquents à la fin de 2004.

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