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La lutte contre le cancer encore bien imparfaite

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Le tueur n° 1 au Québec continue sa progression. Certes, les taux de survie ont bien grimpé un peu, mais la lutte contre le cancer, elle, affiche encore plusieurs faiblesses, ainsi que le montrent les dernières statistiques publiées hier par la Société canadienne du cancer (SCC), division du Québec. Au banc des accusés: des approches souvent désincarnées, une vision encore trop étroite du phénomène et des délais qui vont parfois jusqu’à la déraison. Autant d’éléments désormais chassés des unités pour enfants, qui connaissent quant à elles des avancées spectaculaires.
La Dre Anne-Sophie Carret, hémato-oncologue à l’Hôpital de Montréal pour enfants, est formelle. Les petits survivants du cancer sont plus nombreux que jamais. En 18 ans, leur taux de survie, cinq ans après le diagnostic, aura bondi de 11 % pour atteindre les 82 %, et ce, même si les cancers pédiatriques sont souvent les plus agressifs.

À titre comparatif, à peine un enfant sur cinq survivait à un choc aussi terrible il y a 50 ans. «Nos succès, nous les devons non seulement à nos délais d’attente, qui sont en moyenne de 17 jours, mais aussi à la mise au point de nouveaux traitements ciblés, à la centralisation des soins et des services, à une approche multidisciplinaire novatrice et à nos liens étroits avec les meilleurs établissements canadiens et américains», a résumé la Dre Carret.

Au total, environ 235 enfants reçoivent un diagnostic de cancer au Québec par année, un chiffre demeuré stable au cours des deux dernières décennies. Cette constance n’est toutefois pas au rendez-vous chez les adultes, qui voient plutôt leurs rangs grossir tous les ans. Ainsi, la SCC estime que 42 100 nouveaux cas de cancer seront diagnostiqués au Québec en 2008, soit 1100 de plus que l’année précédente. Pendant cette même période, le cancer causera la mort de 19 700 personnes, soit 200 de plus qu’en 2007.

Derrière toutes ces statistiques-chocs se cachent des milliers de vies mises entre parenthèses. À titre indicatif, toutes les 13 minutes au Québec, une nouvelle personne apprend qu’elle a un cancer. Plus inquiétant encore, un Québécois en meurt toutes les 30 minutes. Cette maladie, qui se décline sous plus de 200 formes, frappe au hasard et sans nécessairement crier gare. Au rythme où vont les choses, une personne sur deux aura à combattre un cancer au moins une fois dans sa vie d’ici quelques années.

À moins, bien sûr, que les choses ne changent de manière draconienne, ce dont la SCC doute fort. À l’heure actuelle, le taux de survie moyen d’un adulte ne dépasse pas les 62 % au Canada. Même s’il s’agit là d’une mince progression depuis l’année dernière, «il y a certainement encore un équilibre à trouver, spécialement au Québec», a convenu hier le Dr Gilles Pineau, vice-président de la division québécoise de la SCC. Pour cela, il faudrait que les miracles réalisés dans les unités pour enfants réussissent à inspirer un grand chambardement dans nos hôpitaux pour adultes.

C’est aussi le voeu du Dr Pierre Audet-Lapointe, porte-parole de la coalition Priorité cancer au Québec, qui juge notre lutte «inefficace» tant elle est «mal coordonnée». «L’analogie avec ce qui se fait chez les enfants est bonne. Si on avait pris le même virage dans nos hôpitaux pour adultes, nous aurions eu un bien meilleur bulletin cette année.» À son avis, tant et aussi longtemps que le Québec ne donnera pas une véritable impulsion à son programme de lutte contre le cancer, les progrès resteront marginaux.

Sa coalition réclame depuis de nombreuses années déjà la création d’une agence dédiée uniquement au cancer. Celle-ci aurait pour tâche de coordonner toutes les énergies déployées, de la prévention aux soins palliatifs en passant par le dépistage, le traitement et la rémission. «Le cancer mobilise des centaine de combats à la fois et on ne peut plus se permettre de lutter chacun dans son coin. Il faut être présent sur tous les fronts», a rappelé le Dr Pineau.

Dépistage et prévention

En priorité, Québec doit intensifier ses efforts contre le tabagisme, juge la SCC. La province compte en effet 31 % de tous les cas de cancer du poumon au pays alors qu’elle ne représente que 24 % de la population canadienne. «C’est vraiment ce qui noircit notre bulletin encore cette année», a commenté le Dr Pineau, qui se défend bien de faire de ce combat «une simple lubie». «C’est un problème de société réel, et on pourrait enrayer le tiers des cancers s’il était réglé.»

Après le cancer du poumon, qui reste la principale cause de mortalité par cette maladie, vient le cancer colorectal, une maladie qui se guérit pourtant très bien lorsqu’elle est diagnostiquée tôt. Or le ministère de la Santé tarde à se doter d’un programme de dépistage organisé comme l’ont fait plusieurs provinces. Mais cela ne saurait tarder, a fait savoir hier le cabinet du ministre Couillard, qui devrait en faire l’annonce plus tard ce printemps.

Ces deux formes de cancer sont suivies de près par les cancers du sein et de la prostate. À eux quatre, ces grands tueurs sont à l’origine de plus de la moitié des décès par cancer, ce qui fait dire à la SCC que le ministère de la Santé doit mieux tirer parti de son programme de dépistage du cancer du sein, qui ne profite qu’à 52 % des femmes ciblées. «Il faudrait au moins hausser ce ratio à 80 %.»

Même chez les enfants, pourtant à l’avant-garde, il reste encore bien du chemin à faire, a fait valoir la Dre Anne-Sophie Carret. Le plus grand nombre de petits survivants pose en effet de nouveaux défis aux soignants. Ceux-ci sont de plus en plus confrontés à des séquelles complexes qui surgissent parfois des années après la guérison. Pas moins des deux tiers des enfants qui ont survécu à un cancer vont en garder au moins un stigmate permanent. Parmi ceux-là, le tiers aura à vivre avec une complication jugée grave.

Or les scientifiques connaissent mal le phénomène, qui revêt plusieurs visages: troubles métaboliques, troubles hormonaux, difficultés d’apprentissage, dysfonctionnement de certains organes et risque accru de contracter un nouveau cancer. «Nous ne visons pas qu’une guérison médicale mais bien sociale et familiale, et ce, à long terme. Pour cela, il va falloir intensifier la recherche et assurer un suivi encore plus étroit», a insisté hier la Dre Carret.

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Les troubles de personnalité limite – De l’automutilation au suicide, la personnalité limite inquiète

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Même si 10 % des adolescents souffrent de troubles de «personnalité limite», cette clientèle à tendance suicidaire qui s’inflige coupures, brûlures et coups reste bien peu connue du milieu médical. Dans le cadre de leur conférence annuelle, la division de pédopsychiatrie de l’université McGill et l’Hôpital de Montréal pour enfants ont invité une chercheuse renommée pour démystifier ce qui est aussi appelé borderline personality disorder.
Barbara Stanley, psychologue et scientifique au département de neurosciences de l’Institut psychiatrique de New York et de l’université Columbia, confirme l’urgence de mieux comprendre les personnalités limites. En effet, les trois quarts des patients qui reçoivent ce diagnostic s’automutilent alors que jusqu’à 33 % du total des suicides sont le fait des adolescents atteints de ce type de trouble de la personnalité.

Outre un comportement physique instable, les personnalités limites se caractérisent, selon les médecins, par leurs problèmes émotionnels et par leurs difficultés à créer des liens interpersonnels. «Leurs comportements sont très instables. Ces adolescents tentent de créer des liens d’amitié, mais ça échoue toujours après quelque temps et ils se retrouvent isolés», rapporte Mme Stanley. La dépression, les troubles alimentaires et les problèmes d’anxiété sont souvent associés aux personnalités limites.

Leur donner du soutien est primordial puisque 8,5 % d’entre eux se suicident. Toutefois, ce suivi ne se fait pas sans difficultés: «Je leur parle de leur tentative et ils me répondent aussitôt: “De quoi parlez-vous? C’est arrivé hier. Ça n’arrivera plus jamais!”», confie Mme Stanley.

Autant dans le cas des suicides ratés que dans celui de l’automutilation, ces adolescents cherchent à avoir de l’attention ou à manipuler leur entourage. Ils estiment également qu’ils entament un «nouveau départ» à la suite de leurs actes. «Ils préfèrent subir des douleurs physiques qu’émotionnelles», s’étonne-t-elle.

Les recherches sur les personnalités limites à l’adolescence sont encore peu nombreuses et les médecins n’osent pas tous poser des diagnostics sur des mineurs. «On évite de diagnostiquer des adolescents avec des troubles de la personnalité parce qu’on pense que jusqu’à l’âge de 18 ans, la structure de la personnalité n’est pas encore formée, n’est pas stable», raconte Éric Fombonne, président de la conférence et directeur de l’unité de psychiatrie à l’Hôpital de Montréal pour enfants.

Le trouble de la personnalité limite se retrouve également chez les adultes, mais la prévalence est beaucoup plus forte chez les adolescents. Les chercheurs observent d’ailleurs une hausse du nombre de suicides et de blessures corporelles au sein d’une population de plus en plus jeune. «Il y a plein d’occasions de dérailler pour les jeunes qui ont des vulnérabilités. Les systèmes de soutien qui étaient autrefois en place pour guider les adolescents dans leur trajectoire vers la maturité ont changé. Les familles sont moins disponibles, les mères travaillent davantage et, à l’âge de 18 ans, il y a 50 % des adolescents qui vivent avec un seul parent», explique le Dr Fombonne.

Le psychologue a rencontré des enfants âgés de seulement huit ans qui avaient tenté de s’enlever la vie volontairement. Comme le Québec affiche le plus haut taux de suicide au pays (21 par tranche de 100 000 habitants, comparativement à la moyenne nationale de 14 pour 100 000), les chercheurs insistent pour offrir un bon suivi aux adolescents. Et 75 % des jeunes ayant reçu le diagnostic de «personnalité limite» s’en sortent s’ils reçoivent le soutien nécessaire.
Émilie Bilodeau

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Un sommet sur le vieillissement en septembre

Events

Un sommet mondial sur le vieillissement de la population aura lieu à Montréal, du 4 au 7 septembre prochain.
Les coprésidents de cette 9e Conférence mondiale sur le vieillissement, Claude Béland et Irene Hoskins, ont lancé l’invitation, hier à Montréal, à tous les intervenants qui oeuvrent auprès des personnes âgées, à participer à l’événement.

Accompagnés de la ministre responsable des Aînés du Québec, Marguerite Blais, les coprésidents ont souligné que cette rencontre internationale permettra de faire le point sur les grands enjeux qui ont un impact sur le vieillissement des personnes et des sociétés.

Pour l’occasion, Montréal accueillera quelque 1500 participants en provenance d’une soixantaine de pays.

Élue présidente de la Fédération internationale du vieillissement en 2006, Irene Hoskins porte le flambeau des enjeux du vieillissement sur la scène mondiale, au sein de diverses organisations, depuis le début des années 80.

Selon elle, le vieillissement planétaire n’est pas un phénomène transitoire comme le fut le baby-boom dans les pays industrialisés des années 1950, mais bel et bien une tendance de fond qui modifiera en ce XXIe siècle le paysage démographique de la planète.

Mme Hoskins précise que cette conférence sera l’occasion pour les chercheurs, les scientifiques, les cliniciens, les concepteurs de politiques et les gestionnaires de programmes de partager leur savoir, leur expertise et leurs pratiques dans les domaines liés au vieillissement; notamment celui de la santé.

La Presse canadienne

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Les cerveaux des adolescents sont-ils vraiment différents

Saviez-vous que .....

Les études d’IRM révèlent que les changements du cerveau adolescent affectent la cognition, l’émotion et le comportement.

 

Plusieurs parents sont convaincus que les cerveaux de leurs enfants adolescents sont différents de ceux des enfants et des adultes. De nouvelles données confirment cette hypothèse. Un article rédigé par le Docteur Jay N. Giedd, de
la National Institute of Mental Health (NIMH), paru dans l’édition d’avril 2008 du Journal of Adolescent Health, décrit la manière dont les changements ayant lieu dans les cerveaux adolescents affectent la cognition, l’émotion et le comportement.Le Dr. Giedd passe en revue les résultats du Longitudinal Brain Imaging Project de
la NIMH. Cette étude ainsi que d’autres, indiquent que la matière grise augmente de volume jusqu’au début de l’adolescence, puis diminue au fur et à mesure, jusqu’à la vieillesse. La détection rigoureuse de ces différences a été imperceptible jusqu’au développement de l’IRM, offrant la capacité de fournir des quantifications extrêmement précises de l’anatomie et de la physiologie cérébrale, sans l’usage de rayonnements ionisants.Dr. Giedd commente ainsi dans l’article : « l’adolescence est une période de changement comportemental et neurobiologique, mais cela ne veut pas dire que le cerveau adolescent est un cerveau adulte en passe ou défectueux. Le potentiel d’adaptation du processus d’élimination sélectif/sur-productif, de la connectivite accrue et l’intégration de fonctions cérébrales disparates, le changement des systèmes de récompense et de l’équilibre frontal/limbique et les comportements accompagnants de séparation de la famille d’origine, de l’accroissement de la prise de risque et de l’augmentation du sentiment de recherche, ont été très adaptables dans le passé et pourraient l’être dans le futur. Ces changements et l’énorme élasticité du cerveau adolescent font de cette tranche d’âge, une période de grand risque et de vastes opportunités. »

Dans un éditorial d’accompagnement, Docteur Elizabeth R. McAnarney, du Département of Pediatrics au centre médical de l’University of Rochester, commente, « les neuroscientifiques ont finalement réussi à aller en dessous de la ‘… membrane rugueuse, entourée d’un fossé de liquide et complètement enveloppée par l’os…’ afin de fournir de nouvelles informations sur le développement du cerveau. Les changements du cerveau durant le développement de l’enfant et de l’adolescent étant documentés à travers d’exquises imageries par Giedd et d’autres, porte la promesse du développement d’hypothèses concernant les origines potentielles des comportements cliniquement observés durant des années… »

« La recherche de la nouveauté/sensation et la prise de risque, » poursuit le Dr. McAnarney, « est une base de croissance considérable durant l’adolescence, ainsi que de comportements extrêmes de la part de certains adolescents. La recherche de nouveauté/sensations et la prise de risque sont des sujets qui prennent de plus en plus d’intérêt au fur et à mesure que le développement du cerveau est mieux défini et que la morbidité due à la prise de risque des adolescents augmente…»

L’implication de notre connaissance croissante des mécanismes de comportement du cerveau chez les adolescents devrait nous fournir des données sur le risque de morbidité et de mortalité des conditions adolescentes. Les données préliminaires sont prometteuses et alors que nous commençons à comprendre la complexité et la spécificité de chacune de ces conditions, nous seront capables de les diagnostiquer et de les traiter plus tôt. »

Le Longitudinal Brain Project de

la NIMH débuta en 1989. Les participants visitentla NIMH à un intervalle de près de 2 ans afin de se soumettre à des imageries cérébrales, des évaluations comportementales et neuropsychologiques, ainsi que des prélèvements d’ADN. Depuis septembre 2007, près de 5000 scan ont été effectués sur 2000 sujets. Parmi ceux-ci, 387 sujets, âgés de 3 à 27 ans, s’avérèrent n’avoir aucune psychopathologie et servent comme modèles du développement typique du cerveau.Trois thèmes émergèrent de cette étude, ainsi que d’autres, durant cette nouvelle ère de neurosciences adolescentes. Le premier concerne les augmentations fonctionnelles et structurelles de la connectivite et le traitement intégratif, alors que les modules cérébraux distribués deviennent de plus en plus intégrés. En utilisant une métaphore littéraire, la maturation ne serait pas l’addition de nouvelles lettres, mais plutôt la combinaison de lettres précédemment formées en mots, puis ces derniers en phrases et les phrases en paragraphes.

Le second est un pattern général des pics de matière grise durant l’enfance (lobe frontal, lobe pariétal, lobe temporal et lobe occipital) puis de leur chute durant l’adolescence. Vu que des parties du cerveau sont surdéveloppées puis jetées, la structure du cerveau devient alors plus façonnée.

Le troisième thème est une balance changeante entre les fonctions du lobe frontal et limbique/sous-cortical qui s’étend jusqu’aux premières années de l’âge adulte alors que différents systèmes cognitifs et émotionnels mûrissent à différents niveaux. Les changements cognitifs et comportementaux ayant lieu durant l’adolescence pourraient être compris du point de vue du fonctionnement « exécutif » accru, un terme comprenant une large palette de capacités, dont l’attention, l’inhibition de la réaction, la régulation des émotions, l’organisation et la planification sur le long terme.

 

 

 

Source : Elsevier Health Sciences -
“EurekAlert!, a service of AAAS” -
InformationHospitaliere.com

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