Cancer du côlon : 13 conseils de prévention

Colon cancer
Lucie Pehlivanian – Validé par Dr Michel Ducreux, cancérologue et gastro-entérologue – Le 13/03/2010

Boire du lait, limiter la viande rouge, limiter l’alcool et les calories… Cela pourrait permettre de prévenir le cancer du côlon – second cancer chez la femme, et troisième chez l’homme. Treize conseils pour se mettre à l’abri.

Limiter la viande rouge

Une étude européenne de 2006 menée sur 520 000 personnes a montré que la consommation de 100 g/j de viande rouge augmente le risque de cancer du côlon et du rectum de 25 %.
En pratique : L’institut national du cancer conseille de limiter la consommation de viande rouge à moins de 500 g par semaine. Pour compléter les apports en protéines, alternez avec des viandes blanches, du poisson, des oeufs et des légumineuses. Il conseillé de limiter la consommation de charcuteries, en particulier les charcuteries très grasses et/ou très salées. Si vous en êtes friand, réduisez autant que possible les portions et la fréquence de consommation.

Boire du lait

lait Une étude anglaise de 2004 regroupant les données de 10 rapports d’observation, a montré une diminution de 15 % du risque de cancer colorectal chez les personnes consommant plus de 25 cl de lait par jour. Des études ont suggéré que le calcium pourrait diminuer le risque de développer un cancer du côlon.
En pratique : “Toutefois, pris en supplément, le calcium n’a aucune efficacité. Les produits laitiers possèdent une vertu dont nous ignorons encore le mécanisme”, précise le Dr Michel Ducreux, professeur en cancérologie.

Pas de cuisson à température élevée !

grillade grill barbecue cuisson viande“Cuire à trop haute température les graisses ou les viandes grasses transforme les acides gras insaturés en graisses saturées ou “trans”. Ces dernières favorisent le cancer du côlon. Elles sont toxiques localement, sur la paroi du gros intestin”, précise le Dr Michel Ducreux, professeur en cancérologie.
En pratique : Evitez de carboniser la viande, façon grill ou barbecue, et de faire frire les matières grasses.

Mincir

Le risque de développer un cancer du côlon augmente de 15% chaque fois que l’IMC (Indice de Masse Corporelle) augmente de 5 points. Dans le cas du cancer du côlon-rectum, une augmentation significative du risque est également observée avec l’augmentation de l’adiposité abdominale d’après un rapport du World Cancer Research Fund de 2007.
En pratique : Evitez les kilos en trop, tâchez de les perdre par des changements d’habitudes alimentaires et en faisant un peu d’exercice physique au quotidien. Mieux vaut éviter les régimes éclairs, toujours suivis d’une reprise de poids, et privilégier une perte pondérale lente et constante, quitte à se faire aider par un nutritionniste.

Boire peu d’alcool

Le risque de cancer du côlon augmente de 9 % par verre de vin consommé par jour. C’est ce que conclut un rapport du World Cancer Research Fund de 2007. “L’alcool serait toxique par contact sur les parois du côlon”, explique le Dr Michel Ducreux, professeur en cancérologie. La consommation chronique d’alcool induit aussi une déficience en folates (micro nutriments), favorable au développement et à la progression du cancer colorectal.
En pratique : Limitez votre consommation d’alcool au quotidien, découvrez d’autres boissons à l’apéritif comme le jus de tomate ou de carotte, et offrez à vos invités un cocktail de fruits frais sans alcool. Enfin accordez-vous deux jours par semaine sans alcool du tout.

Consommer moins de calories

hamburger frite fast food graisseUne alimentation riche en calories, même si elle n’entraîne pas de surpoids, favorise l’apparition du cancer du côlon. A l’inverse, une alimentation pauvre en calories diminue ce risque. Ce sont les conclusions du rapport du World Cancer Research Fund un 2007.
En pratique : L’institution recommande d’éviter les plats à forte densité énergétique tels que les frites, pizzas, hamburgers, viandes frites ou viennoiseries. “Leur richesse en matières grasses et/ou en sucre apporte à poids égal beaucoup plus de calories que les aliments à faible densité énergétique, comme les légumes”, précise le Dr Michel Ducreux, professeur en cancérologie.

5 fruits et légumes par jour

Une étude suédoise de 2001 portée sur 61 000 personnes montre que la consommation de plus de 2,5 portions (80g) par jour de fruits et légumes diminue le risque de cancer du côlon de 35 % par rapport à la consommation de moins de 1,5 portion par jour. Les fruits et les légumes qui apportent en abondance sels minéraux et vitamines, sont également riches pour la plupart en fibres alimentaires. Ils stimulent le transit intestinal et contiennent pour certains d’entre eux des antioxydants qui préviennent le vieillissement et réduisent le risque de cancer.
En pratique : Commencez la journée avec un fruit frais ou un verre de jus de fruits, accompagnez chacun des repas d’une bonne portion de légumes et de salade, servez à l’apéritif des bâtonnets de légumes crus ou offrez un verre de jus de légumes ou un cocktail de fruits.

Des vitamines, mais pas en compléments !

vitamines citron pamplemousse orange agrumes“Les études montrent que la consommation d’aliments riches en vitamines fait diminuer les risques de cancer du côlon. On a également remarqué que la prise de vitamine sous forme de compléments alimentaires n’avait pas cette capacité. Les aliments riches en vitamines ont donc d’autres propriétés qui nous sont encore inconnues”, explique le Dr Michel Ducreux, professeur en cancérologie.
En pratique : Pour un apport suffisant en vitamines, l’institut national du cancer conseille de consommer chaque jour au moins 5 fruits et légumes variés (quelle que soit la forme : crus, cuits, frais, en conserve ou surgelés) pour atteindre au minimum 400 g par jour. Il préconise également de manger chaque jour d’autres aliments contenant des fibres tels que les aliments céréaliers peu transformés et les légumes secs.

Limiter les graisses saturées

boeuf viande cru“La graisses saturées sont celles qui favorisent l’apparition de cancers du côlon”, indique le Dr Michel Ducreux, professeur en cancérologie. Selon une étude de 2007 d’une équipe de chercheurs espagnols, ces graisses transporteraient les substances toxiques solubles dans le gras, responsables du cancer. Ces substances exerceraient une toxicité locale sur les parois de l’intestin.
En pratique : “Ces graisses d’origine animale se trouvent dans les viandes rouges comme le boeuf. Mieux vaut donc en limiter la consommation. Mais on ne sait pas exactement la quantité à ne pas dépasser pour éviter le cancer du côlon… d’autant plus que cela peut varier selon les personnes”, précise le Dr Michel Ducreux, professeur en cancérologie.

Faire de l’exercice

L’activité physique diminue le risque de cancer du côlon de 18 à 29 % (selon le type d’activité).C’est ce que conclut un rapport du World Cancer Research Fund de 2007.
En pratique : Faites au moins 30 minutes d’exercice par jour, marche rapide, vélo, natation ou gymnastique. Les travaux de jardinage et les randonnées à pied sont bénéfiques aussi. Montez les escaliers à pied et laissez, quand c’est possible, votre voiture au garage.

Surveiller ses polypes

docteur medecin specialiste Les polypes sont des tumeurs bénignes qui se forment sur les parois du côlon. Dans certains cas, ils se transforment en lésions cancéreuses.
En pratique : “Si une personne de plus de 45 ans a des antécédents familiaux de cancer du côlon, il lui est recommandé de se faire faire régulièrement des coloscopies. Cet examen permet de détecter d’éventuels polypes, et de les enlever”, indique le Dr Michel Ducreux, professeur en cancérologie. La fréquence des coloscopies devra être déterminée avec un médecin.

Se faire dépister dès 50 ans

femme docteurLe ministère de la Santé a initié une campagne de dépistage du cancer colorectal en 2002. Destiné aux personnes entre 50 et 74 ans, le dépistage doit être réalisé tous les 2 ans. Ce test, appelé Hémoccult, consiste à repérer dans les selles la présence de sang qui peut témoigner, entre autres, d’un polype ou d’un cancer du côlon.
En pratique : Le test et sa lecture sont pris en charge à 100% par l’Assurance Maladie. Pour en bénéficier, adressez-vous à un médecin généraliste ou à un gastro-entérologue.

Arrêter de fumer

tabac cigarette cancerUne étude américaine menée sur 161 172 patients atteints de cancer colorectal montre que les personnes buvant et fumant régulièrement développent un cancer 7 à 8 ans avant les autres. Ceux qui fument régulièrement mais ne boivent pas l’ont développé 5 à 6 ans avant ceux qui ne fument ni ne boivent.
En pratique : tâchez d’arrêter. Faites-vous aider si besoin.

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La Grande Supercherie du Cholestérol

Accidents vasculaires cérébraux, Autres Articles

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Cœur : le cholestérol accusé à tort ?

Propos recueillis par Cyril Dagois  Jeudi 30 avril 2009

En provenance de MediSite.fr

Dans son dernier ouvrage, le cardiologue et chercheur au CNRS Michel de Lorgeril jette un pavé dans la mare. Selon lui, faire baisser son cholestérol ne servirait à rien, bon et mauvais cholestérol n’auraient aucun sens et les statines seraient inutiles. En bref, le cholestérol permettrait surtout de faire de gros sous. Interview.

1. Cholestérol : rentable pour les labos

Pourquoi le cholestérol est si souvent décrié ?

Dr Michel de Lorgeril : “Le cholestérol est devenu l’ennemi numéro 1 dans la prévention des maladies cardio-vasculaires car cela arrange tout le monde. Les enjeux économiques sont colossaux, en particulier depuis l’arrivée des statines. Les laboratoires pharmaceutiques y trouvent largement leur compte. Les médicaments anti cholestérol représentent l’un des plus gros chiffres d’affaires du marché. Ils contribuent d’ailleurs pour 1 milliard d’euros au déficit de la Sécurité sociale. Les industriels de l’agroalimentaire en tirent également profit, avec leurs margarines et yaourts prétendument anti cholestérol. Cela arrange même certains médecins traitants, qui peuvent pratiquer une médecine systématique.”

Bon et mauvais cholestérol : “à dormir debout”

Les termes de “bon” et “mauvais” cholestérol ou de “taux normal” ont-ils un sens ?

Dr Michel de Lorgeril : “Le ’bon’ et le ’mauvais’ cholestérol, ce sont des histoires à dormir debout. Du pur Walt Disney avec la vilaine sorcière et la gentille fée, pour masquer les faiblesses de la théorie du cholestérol. Des essais cliniques comme Illuminate de 2007 montrent que l’augmentation du ’bon’ et la baisse du ’mauvais’ cholestérol ne protègent pas contre les maladies cardio-vasculaires ! Quant au taux normal de cholestérol, il s’agit plutôt d’une moyenne. Pour tous les paramètres biologiques ou physiologiques, il existe des moyennes et des écarts. Une personne peut sortir de la moyenne, vers le haut ou vers le bas, sans avoir pour autant un problème de santé.”

3. Les dangers du cholestérol, une croyance ?

Pourquoi vous opposez-vous à la théorie couramment admise sur les dangers du cholestérol ?

Dr Michel de Lorgeril : “Selon cette théorie, le cholestérol serait toxique pour les artères. Il représenterait la cause principale des infarctus, des accidents vasculaires cérébraux (AVC) et des complications cardio-vasculaires. Et plus le cholestérol serait élevé, plus le risque augmenterait. Inversement, plus le taux baisserait, plus le danger diminuerait. Certains adeptes de cette théorie recommandent même d’abaisser au maximum son taux de cholestérol. Mais il ne s’agit que d’une succession d’hypothèses sans validation scientifique. Des croyances relayées par les industries pharmaceutiques et agroalimentaires auprès des médecins. Et qui ne reposent sur aucune rationalité.”


4. Cholestérol et infarctus : aucun rapport ?

Un taux de cholestérol élevé n’est donc pas synonyme de maladies cardio-vasculaires ?

Dr Michel de Lorgeril : “L’élévation du taux de cholestérol n’est pas en elle-même la cause des accidents cardio-vasculaires. Elle peut par contre traduire des altérations du mode de vie ou de nos paramètres biologiques qui sont les vraies causes des maladies cardio-vasculaires. En clair, le cholestérol est un mauvais indicateur de risque. De nombreuses études vont dans ce sens. Dès les années 70, les données montrent que la mortalité cardiaque reste globalement la même, quel que soit le taux de cholestérol dans le sang. Notre mode de vie et nos conditions d’existence diminuent notre espérance de vie, pas le cholestérol.”

5. Faire baisser son taux de cholestérol ne servirait à rien

Une baisse du taux de cholestérol apporte-t-elle une protection ?

Dr Michel de Lorgeril : “Non, faire baisser son taux de cholestérol n’apporte rien. Tous les essais cliniques publiés après 2005 ont été négatifs sur la question. Le taux de cholestérol peut baisser par l’alimentation ou en prenant des médicaments. Mais si à côté, le mode de vie ne change pas, le risque reste le même. Si par exemple une personne continue à fumer en se disant qu’elle est protégée par sa statine, elle court droit à la catastrophe.”

6. Statines : pas d’intérêt en prévention

Les statines présentent-elles un intérêt pour se protéger des maladies cardio-vasculaires ?

Dr Michel de Lorgeril : “Non, elles n’apportent aucune protection. Elles entraînent une baisse de cholestérol qui n’a aucun effet sur la mortalité. Beaucoup d’études sur ces médicaments restent très suspectes, à cause de l’implication de l’industrie pharmaceutique. Mais l’essai ALLHAT de 2002, le seul sponsorisé par des institutions publiques indépendantes, ne montre aucune protection malgré la baisse de cholestérol. Toutes les études d’après 2005 révèlent également l’absence d’effet sur la mortalité, à part le récent essai Jupiter très controversé. Sur le risque d’AVC, aucune donnée scientifique ne prouve l’intérêt des statines. Idem avec l’insuffisance cardiaque.”

7. Les effets secondaires des statines

Existe-t-il des risques pour les patients prenant des statines ?

Dr Michel de Lorgeril : “Les statines présentent un certain nombre d’effets secondaires. Chez les gens actifs, elles semblent altérer la qualité de vie et entraîner douleurs musculaires et déprimes. A long terme, il existerait également une augmentation des risques de cancer, en particulier chez les plus de 60 ans. L’étude PROSPER de 2002 notamment montre davantage de cancers et de décès par cancer avec la pravastatine que sans traitement. Attention cependant, les patients ne doivent pas arrêter leur traitement sans en discuter avec leur médecin traitant. Mais la prescription de statines me semble pire que l’affaire du sang contaminé en terme de chiffres. 7 millions de Français prennent ces médicaments inutilement.”

8. Les vraies causes des accidents cardio-vasculaires

Si le cholestérol est innocent, qu’est-ce qui provoque l’infarctus ?

Dr Michel de Lorgeril : “L’infarctus vient d’une artère coronaire entièrement bouchée. Dans l’immense majorité des cas, la cause est un caillot de sang. La formation de ce caillot dépend de trois facteurs : l’agrégation des plaquettes sanguines, la coagulation et la fibrinolyse, un mécanisme anti caillot. Le cholestérol n’intervient dans aucun de ces phénomènes. Quant aux lésions d’athérosclérose, elles bouchent en partie les artères mais jamais complètement. Le cholestérol représente au grand maximum 10 % des ces lésions. Donc 10 % d’une obstruction partielle, qui n’est pas responsable en elle-même de l’infarctus.”

9. Comment protéger son cœur et ses artères

Quelles mesures faut-il prendre pour se protéger des maladies cardio-vasculaires ?

Dr Michel de Lorgeril : “Les maladies cardio-vasculaires sont des maladies du mode de vie. D’où l’importance d’agir notamment sur trois facteurs : le tabac, l’exercice physique et l’alimentation. En clair, il ne faut pas fumer et essayer de respirer un air pur. Il faut aussi effectuer une activité physique adaptée. Une masse musculaire importante est une réserve de protéines et d’acides aminés. Pour l’alimentation, la diète méditerranéenne a prouvé son efficacité clinique. En résumé, il s’agit d’une diète riche en céréales peu raffinées, en fruits et légumes frais, en légumes secs, en fruits à coque, en huile d’olive, en herbes aromatiques.

10. Pourquoi le monde médical reste silencieux

Pourquoi davantage de médecins ne font pas part de leurs doutes sur le cholestérol et les statines ?

Dr Michel de Lorgeril : “D’abord, ils n’ont pas forcément accès aux médias. Mais si beaucoup de médecins se taisent, c’est aussi par crainte. Un des plus grands épidémiologistes mondiaux vient de relire mes travaux sur l’étude Jupiter, qui concerne l’utilisation préventive des statines. Il dit m’approuver et me soutenir. Mais il refuse de cosigner mon article. La raison : l’université pour laquelle il travaille a des contrats avec l’industrie pharmaceutique. Quant aux médecins généralistes, beaucoup n’osent pas exprimer leurs doutes aux patients de crainte de se le faire reprocher par le cardiologue du CHU voisin.”

11. Sources – 1ere partie

- Cholestérol, Mensonges et Propagande, Dr Michel de Lorgeril, éd. Thierry Souccar, 2008.
- Effects of torcetrapib in patients at high risk of coronary events, Barter PJ et al., N Engl J Med, 2007.
- HDL cholesterol, very low levels of LDL cholesterol and cardiovascular events, Barter PJ et al., N Engl J Med, 2007.
- Major outcomes in moderately hypercholesterolemic, hypertensive patients randomized to pravastatin vs. usual care : the ALLHAT-LLT, ALLHAT Collaborative Research Group, JAMA, 2002.
- Rosuvastatin in older patients with systolic heart failure, Kjekhus J et al., N Engl J Med, 2007.
- Pravastatin in elderly individuals at risk of vascular disease (PROSPER) : a randomised controlled trial, Shepherd J et al., Lancet, 2002.

12. Sources – 2eme partie

- High-dose atorvastatin versus usual-dose simvastatin for secondary prevention after myocardial infarction. The IDEAL study : a randomized controlled trial, Pedersen TR et al., JAMA, 2005.
- Is relationship between serum cholesterol and risk of premature death from coronary heart disease continuous and graded ? Findings in 356,222 primary screenees of the MRFIT, Stamler J et al., JAMA, 1986.
- Mediterranean diet, traditional risk factors and the rate of cardiovascular complications after myocardial infarction – Final report of the Lyon Diet Heart Study, De Lorgeril M et al., Circulation, 1999.

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Quels sont les cancers héréditaires ?

cancer

Cancer de la prostate, du sein, du côlon… vous avez des cas dans votre famille ? Mais sont-ils génétiques ou héréditaires ? Le point avec Médisite !

Le cancer de la prostate est le premier cancer masculin en France.
Y a t-il une prédisposition génétique au cancer de la prostate ?
Sûrement ! On remarque qu’il s’agit d’un cancer familial dans environ 5% des cas. “On ne connaît pas exactement le ou les gènes concernés”, précise le Dr Olivier Caron, onco-généticien. Par ailleurs, certaines prédispositions au cancer du sein, lorsqu’elles sont portées par des hommes, augmentent légèrement leur risque de cancer de la prostate. Il est donc conseillé aux personnes qui ont des antécédents de cancer de la prostate chez un père ou un frère, de faire des dépistages réguliers dès 40 ans.

Les autres facteurs de risque du cancer de la prostate :
Les facteurs de risques environnementaux du cancer de la prostate sont encore mal connus. Toutefois, la consommation accrue de viande rouge et de charcuterie a été mise en cause par une étude américaine de 2002 . Les hommes qui consomment plus de viande rouge et de charcuterie auraient deux fois plus de risques de cancer de la prostate que ceux qui en consomment moins.
Le surpoids et certains traitements à base d’hormones masculines pourraient également être impliqués de la survenue de ce cancer.

Cancer colorectal : des formes familiales !

Le cancer du côlon et du rectum est le second cancer chez les hommes et le troisième chez les femmes.
Y a t-il une prédisposition génétique au cancer colorectal ? Oui, on en connaît même trois. Elles se traduisent par des maladies familiales et sont à l’origine de 10% des cas de cancer du côlon.
- La polypose adénomateuse familiale est une maladie rare dont les conséquences sont la prolifération de multiples polypes dans le côlon. “Elle provoque un cancer du côlon dans 100% des cas en l’absence de prise en charge adaptée”, précise le Dr Olivier Caron, onco-généticien.
- Le syndrome de Lynch provoque également l’apparition d’un cancer colorectal dans 70% des cas, s’il n’est pas surveillé.
- La polypose due au gène MYH provoque des polypes qui peuvent causer un cancer dans 50-60% des cas.
Les autres facteurs de risques du cancer colorectal :
- Attention à la charcuterie, au fromage, au beurre… Une alimentation mal équilibrée car trop importante en viandes rouges (boeuf, porc) et graisses animales saturées (crème, beurre) pourrait provoquer des cancers colorectaux. “La consommation régulière de viandes grillées, façon barbecue par exemple, serait également en cause”, précise notre spécialiste.
- La consommation d’alcool et de tabac seraient des facteurs mineurs de risque de cancer colorectal. Le risque de cancer du côlon augmente de 9% par verre de vin/jour, d’après un rapport du World Cancer Research Fund de 2007. Ces produits passent par l’intestin. Ils sont toxiques pour ses parois.

Cancer du sein : gare aux antécédents familiaux !

genetiqueLe cancer du sein est le plus fréquent de tous les cancers en France. Il touche, même dans de très rares cas… les hommes.
Y a t-il une prédisposition génétique au cancer du sein ? Oui, même si elle concerne peu de cas (environ 5%). Toutefois, les femmes qui possèdent une ou plusieurs parentes touchées par une tumeur mammaire présentent plus de risques.
“Il existe 2 gènes qui, lorsqu’ils sont porteurs d’anomalies, augmentent le risque de cancer du sein. Ces anomalies peuvent se transmettre par le père ou la mère”, indique le Dr Olivier Caron, onco-généticien. Cette prédisposition génétique peut être détectée par un test sanguin. Si vous portez un de ces gènes mutants, cela ne veut pas dire que vous allez forcément développer un cancer du sein, mais que vous avez 70% de risques de le faire.
Les porteuses de telles anomalies se voient proposer une prise en charge de surveillance particulière.

Les autres facteurs de risques de cancer du sein :
“Ceux qui sont le plus clairement établis sont principalement liés aux hormones, comme le surpoids ou la prise de Traitements Hormonaux substitutifs de la ménopause (THS-THM)”, indique le Dr Olivier Caron, onco-généticien. A noter : Contrairement aux idées reçues, avoir de gros ou petits seins n’est pas un facteur de risque.

Cancer de l’ovaire : important risque génétique !

genetiqueY a t-il une prédisposition génétique au cancer de l’ovaire ? Oui, c’est même le cancer pour lequel elle concernerait le plus de cas. Dans 15% des cas environ, la personne touchée possède une parente également touchée. C’est le taux le plus élevé de tous les cancers solides (touchant un organe). Deux sources sont connues :
- La mutation de deux gènes (les mêmes que pour le cancer du sein), qui provoquent ce cancer dans 20 à 30% des cas si l’on possède cette prédisposition.
- Le syndrome de Lynch, une maladie héréditaire qui peut provoquer un cancer de l’ovaire dans certains cas.

Les autres facteurs de risques du cancer de l’ovaire

Ils sont quasiment inconnus. Les traitements hormonaux substitutifs de la ménopause (THS-THM) seraient en cause, mais ils n’augmenteraient le risque que très légèrement. La pilule contraceptive serait protectrice.

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Alzheimer

Research news recherche

Alzheimer : nouvelle découverte

Certains récepteurs du glutamate, des protéines membranaires, pourraient constituer une cible thérapeutique potentielle pour prévenir les troubles de la mémoire dans la phase initiale de la maladie d’Alzheimer, selon une étude menée par des chercheurs français et américains, publiée ce jeudi 10 juin. Selon les chercheurs, des antagonistes du récepteur au glutamate pourraient freiner, voire enrayer, le phénomène de détérioration des synapses impliquée dans les troubles de la mémoire.

Des scientifiques de l’Institut de Biologie de l’Ecole Normale Supérieure et de l’Université Northwestern (Chicago) ont étudié, grâce à un système de marquage de nanoparticules, la progression de molécules spécifiques, les oligomères béta-amyloïdes, sur des neurones d’hippocampe de souris.

Résultat, les oligomères béta-amyloïdes s’accumulent au niveau des synapses pour former des “agrégats amyloïdes”; ce qui provoque une “diminution de la mobilité de certains récepteurs du glutamate (mGluR5)”, un neurotransmetteur.

Selon les chercheurs, c’est ce phénomène qui génère la détérioration et le dysfonctionnement des synapses liée aux troubles de la mémoire. Ainsi, les scientifiques estiment que des antagonistes des mGluR5 pourraient prévenir les troubles de la phase initiale de la maladie.

“Les mGluR5 pourraient être une meilleure cible pour le traitement de la maladie d’Alzheimer que d’autres récepteurs spécifiques au glutamate jusqu’à présent ciblés. Les mGluR5 étant situés plus en amont dans la voie de la toxicité synaptique. De plus, via le nouveau mécanisme pathologique que nous avons découvert, nos résultats ouvrent la voie pour de nouvelles approches thérapeutiques alternatives ou complémentaires”, indique Antoine Triller, directeur de l’Institut.

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